La question à poser d'abord : quelle température, et combien de temps
Avant la matière, il y a l'usage réel : la température à laquelle la pièce vit, et la durée pendant laquelle elle y reste. Un pic de quelques minutes au démarrage et une chaleur continue tout au long de la journée ne demandent pas la même chose. Décrivez-nous la température réelle et sa durée : dans neuf cas sur dix, cela suffit à décider.
Les repères du catalogue sont simples. Le PA6-CF tient 120 °C en continu, le PC 110 à 120 °C. Au-delà, on change de famille : le PPA-CF monte à 180 °C en continu, le PPS-CF jusqu'à 200 °C. Et si la pièce est surtout exposée au soleil et aux intempéries plutôt qu'à la chaleur du moteur, l'ASA, qui tient 90 °C et ne jaunit pas, est souvent la bonne réponse, pour bien moins cher.
PA6-CF : rigide, léger, sans fluage
Le nylon chargé fibre de carbone est la matière des pièces qui restent sous contrainte en permanence sans se déformer avec le temps : supports qui portent une charge continue, agrafes et languettes qui doivent garder leur élasticité après plusieurs montages, gabarits, pièces embarquées. Il est rigide, léger, et son fluage est très faible : là où le PETG finirait par prendre du mou, il reste droit.
Ses limites sont connues. Il coûte trois fois le prix du PETG, il n'existe qu'en noir, et sa surface est mate et légèrement rugueuse : ce n'est pas une matière d'aspect. Surtout, le nylon PA6 absorbe l'humidité, jusqu'à 3 % de son poids, et perd alors de sa rigidité. Sous un capot, l'ambiance est tantôt sèche et brûlante, tantôt humide : si la pièce doit garder sa cote quoi qu'il arrive, le PAHT-CF, à base de PA12, plafonne autour de 0,3 % d'absorption et tient 130 °C. Le PET-CF, aussi rigide, résiste mieux aux huiles et aux graisses d'atelier, mais il est cassant : il ne prévient pas avant de rompre.
PC : chocs et température
Le polycarbonate est la matière qui prend le relais quand les 90 °C de l'ABS ne suffisent plus : protections de machine, capots proches d'une source de chaleur, pièces qui encaissent des impacts répétés, supports et guides pour étuves et tunnels de séchage. Là où le nylon carbone est rigide, le PC est tenace : il absorbe le choc au lieu de le transmettre.
Il est délicat à imprimer, donc il demande plus de temps machine et coûte plus cher qu'un PETG ; il est sensible à l'humidité et exige un séchage avant impression ; et son transparent n'est jamais optiquement clair en FDM, les lignes de couche diffusent la lumière. Quand une exigence de comportement au feu s'ajoute, le PC-FR, classé UL94 V-0, prend sa place : la fiche matière du fabricant est fournie avec la commande, en sachant que le classement porte sur la matière, pas sur la pièce finie.
Comment trancher
La règle que nous appliquons tient en une ligne : si la contrainte est surtout mécanique, une charge permanente, une pièce qui doit rester droite, c'est le PA6-CF ; si elle est surtout thermique ou faite de chocs, c'est le PC. Quand les deux se cumulent au-delà de 130 °C, c'est le PPA-CF, la plus haute résistance mécanique du catalogue, à 180 °C en continu.
Et nous disons non à la sur-spécification. Beaucoup de demandes arrivent en PA6-CF alors que le PETG suffit largement ; entre PPS-CF et PC, dans neuf cas sur dix le PC suffit et coûte quatre fois moins cher. Une pièce sur-spécifiée n'a jamais fidélisé personne : elle coûte plus, elle est plus difficile à imprimer, et elle ne fait pas mieux le travail.
Les cotes, le retrait et la série
Nous tenons ±0,3 mm en usuel, et ±0,15 mm sur des cotes identifiées à l'avance, négociées cote par cote ; au-delà, il faut reprendre la pièce en usinage, ce que nous ne faisons pas. Sur ces matières, le retrait compte davantage : le PPA-CF, par exemple, se réserve aux pièces de taille modérée, parce que la chambre plafonne à 65 °C et que le retrait tire sur les grandes pièces.
C'est pour cela qu'au-delà de 50 pièces, un échantillon est validé par écrit avant la série, et systématiquement proposé en dessous : vous montez la pièce, vous vérifiez l'ajustement réel à la température réelle, et la production démarre après votre accord. Comptez 2 à 3 jours ouvrés pour un prototype, 5 à 8 jours pour une série de 50 à 250 pièces.
Ce qu'il faut nous envoyer
Un fichier STL, OBJ ou 3MF pour l'impression directe, un STEP si une reprise de conception est nécessaire ; sans fichier, un plan 2D coté, une photo avec un réglet ou la pièce d'origine suffisent, nous modélisons. Ajoutez la température, sa durée, la nature de l'effort et le milieu (huile, humidité, extérieur) : c'est ce qui décide de la matière.
Le devis instantané chiffre votre fichier dans les deux matières, et le devis ferme part sous 24 h ouvrées. Les fiches techniques du fabricant sont transmises sur demande ; nous ne délivrons pas de certification de pièce, ce n'est pas notre métier.
Une pièce qui chauffe à faire fabriquer ? Devis ferme sous 24 h ouvrées, dès 1 pièce.
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