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Ce qu'une pièce imprimée en 3D ne pourra jamais faire

Un prestataire qui dit oui à tout vous fera perdre du temps et de l'argent. Voici les limites que nous annonçons avant de prendre une commande, et pourquoi elles ne se contournent pas avec une matière plus chère.

Une pièce imprimée est anisotrope

C'est la limite fondamentale, celle dont tout le reste découle. Une pièce FDM est un empilement de couches soudées entre elles : elle est solide dans le plan des couches, nettement moins dans le sens perpendiculaire.

Concrètement, une pièce peut être deux fois plus résistante dans un sens que dans l'autre. C'est pour cela que l'orientation d'impression est une décision technique, pas un détail de production : nous orientons la pièce en fonction de l'effort qu'elle va subir, ce qui suppose que vous nous disiez lequel.

C'est aussi pour cela que nous refusons les pièces de sécurité. Une potence de vélo, une pièce de levage, un élément qui blesse en cassant : le mode de rupture d'une pièce FDM est brutal et difficile à prévoir. Aucune matière ne corrige ça.

L'étanchéité n'est jamais garantie dans la durée

Une pièce imprimée peut être étanche à la sortie de la machine, avec assez de parois et un remplissage suffisant. Le problème est qu'elle le reste rarement : les micro-interfaces entre couches finissent par laisser passer sous l'effet des cycles thermiques et de la pression.

Pour un cache-pot qui retient l'eau d'arrosage, c'est sans conséquence. Pour un circuit sous pression, c'est rédhibitoire, et nous ne prenons pas ces commandes.

Le contact alimentaire durable est un faux ami

Une matière peut être certifiée alimentaire à l'état de granulé sans que la pièce imprimée le soit. Deux raisons : la buse laisse des traces métalliques, et surtout les stries d'impression forment des rainures que le lavage ne nettoie jamais complètement. Ce sont des nids à bactéries.

Un emporte-pièce utilisé quelques minutes puis lavé ne pose pas de problème réel. Une boîte qui contient de la nourriture pendant des jours, si. Nous n'annonçons donc jamais de contact alimentaire, même quand la fiche technique de la matière le permettrait.

Les tolérances ont un plancher

Nous tenons ±0,3 mm en usuel, et ±0,15 mm sur des cotes identifiées à l'avance. En dessous, il faut reprendre la pièce en usinage, ce que nous ne faisons pas.

Le retrait matière explique une bonne partie de cet écart : le plastique se contracte en refroidissant, et davantage sur les grandes dimensions. Une pièce de 300 mm ne sort pas avec la même précision qu'une pièce de 30 mm. C'est prévisible, donc compensable, mais pas supprimable.

Si un ajustement serré est critique, la bonne méthode est un échantillon d'essai avant la série : on mesure, on compense, on lance.

L'état de surface est celui du procédé

Les lignes de couche sont visibles, toujours. Une couche de 0,1 mm les rend discrètes, une couche de 0,3 mm les rend franches, mais elles ne disparaissent pas. Les faces inclinées vers le bas présentent en plus des marques de supports.

Nous ne proposons aucun post-traitement esthétique — ni ponçage, ni apprêt, ni peinture. Ce que nous savons faire en revanche, c'est orienter la pièce pour que les faces visibles soient les plus propres possible. Dites-nous quelle face sera regardée.

Ce que l'impression fait mieux que tout le reste

Ces limites posées, il reste un domaine où rien ne rivalise : la pièce unique ou la petite série, avec une géométrie complexe, sans coût d'outillage et en quelques jours.

Un moule d'injection coûte plusieurs milliers d'euros et demande des semaines. En dessous de quelques milliers de pièces, l'impression gagne. Au-dessus, c'est l'injection qui gagne, et nous vous le dirons plutôt que de prendre la commande.

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